ISLAM

Chers collègues soignants & soignantes,
Vous accueillez un patient de confession musulmane.
Voici une liste d’informations utiles à connaître dans le cadre de sa prise en charge médicale.

Informations Générales

● L’Islam est la deuxième religion la plus représentée dans le monde.
● Il existe plusieurs courants d’islam. Le sunnisme rassemble plus de 85% des musulmans, le chiisme rassemble plus de 10% des musulmans.
● Traditionnellement, bon nombre de patients musulmans préfèrent
 en relation les patients avec un soignant de même sexe qu’eux.
● En r
ègle générale, il n’existe aucune contre-indications dans la religion pour : les transfusions sanguines, les fécondations in vitro, la transplantation d’organes, le don d’organes ou l’avortement si la vie de la mère est en danger ou en cas de viol.
Les patients musulmans peuvent demander un moment pour prier, jusqu’à 5 fois par jour.
Dans la communauté musulmane, rendre visite au malade est un devoir, ainsi beaucoup de proches peuvent venir et apporter des cadeaux.

Communication

Enfants saluant leurs parents avec respect lors de l'Eid Al-Fitr

● Certaines femmes pourraient se sentir embarrassées de vous serrer la main. Elles préféreront placer leur main sur leur poitrine en guise de salutations.
● Dans les familles traditionnelles, i
l est de coutume d’inclure la figure importante de la famille (le père ou l’aîné par exemple) dans les discussions d’ordre médical.
● La sexualité est un sujet sensible dans la religion musulmane et doit donc être abordée avec précaution.

Croyances, Pratiques & Rituels

Enfant lisant des versets du Coran

● Les musulmans les plus pratiquants peuvent effectuer jusqu’à 5 fois par jour en direction de La Mecque (à l’aube, à midi, l’après-midi, au coucher du soleil et dans la soirée.
● Les musulmans font leurs ablutions, un rituel de purification qui consiste à laver ses mains, avant-bras, tête et pieds, avant de prier.
● Le Ramadan a lieu le neuvième mois du calendrier hégirien. C’est un mois sacré lors duquel les musulmans jeûnent. Il est décalé de dix jours environ chaque année car il suit le calendrier lunaire.
● Le jeûne consiste à ne pas manger, ni boire, du lever au coucher du soleil, ne pas avoir de relations sexuelles.
Les malades, les femmes enceintes, qui allaitent ou qui sont en période de menstruations sont exemptes du jeûne. Ils devront cependant rattraper les jours de jeûne manqués.
● Lors du ramadan, la prise de sang de faible quantité est autorisée et n’interrompt pas le jeûne.
● En période de ramadan, la personne musulmane est autorisée à se nourrir pour reprendre des forces si le médecin affirme que cela s’avère nécessaire. Il devra tout de même rattraper le jour de jeûne plus tard.
● Durant le Ramadan, le massage thérapeutique est autorisé et ne rompt pas le jeûne, contrairement au massage de confort et de bien-être.
● Il est préférable qu’une femme se fasse soigner / masser par une soignante, en exhibant seulement les zones à traiter.
● Les musulmans pensent que réciter le Coran, à voix très basse, peut réduire la douleur.
● Certains patients musulmans peuvent lier le déclenchement de leur maladie au “mauvais œil”, un regard maléfique que vous jette une personne jalouse et qui condamne à la malchance. 

Habitudes Alimentaires

Repas chez une famille pratiquante

● La religion musulmane proscrit la consommation d’alcool, de porc et de ses dérivés comme la gélatine, présente dans de nombreux aliments transformés par l’industrie.
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Un jeûne d’une durée d’un mois (allant du lever au coucher du soleil) est pratiqué chaque année durant le mois sacrée du Ramadan.
● Les musulmans se doivent de manger de la viande « halal » (c’est-à-dire d’un animal tué par égorgement en direction de la Mecque).

Grossesse & Maternité

Petites filles de confession musulmane attendant pour rentrer dans la classe

● Directement après la naissance de l’enfant, un appel à la prière est prononcé à l’oreille droite du nourrisson.

Soins de Fin de Vie

Mari et femme complices par le regard

● En fin de vie, la famille souhaite en général faire appel à un conseiller religieux.
● Si cela est possible, la famille pourrait demander que la tête du patient soit placée face à la Mecque.
● Le patient en fin de vie doit prononcer la « chahada« , qui est une profession de foi. S’il est dans l’impossibilité de le faire, quelqu’un peut le faire pour lui.
● Traditionnellement, c’est la famille qui organise le rituel du dernier lavage du corps.
L’incinération et l’embaumement sont prohibés par la religion musulmane.
● Les autopsies sont généralement mal acceptées, sauf pour des recherches médicales et à condition de garantir le respect du corps du défunt.
● Rien n’interdit transplantation dans la religion musulmane.
● En Islam, la vie est dite sacrée et le corps inviolable. Cependant, le don d’organes est possible dès l’instant où la greffe est pratiquée dans le but de sauver une autre vie

Exemples de Cas Rencontrés

En 2013, en France, une femme de confession musulmane s’est rendue à l’hôpital pour un cas de tuberculose. Les soignants l’ont alors placée en chambre d’isolement car cette maladie est contagieuse. Tous les matins, alors que la patiente devait rester dans sa chambre afin de ne pas contaminer l’ensemble du service, elle sortait prendre une douche. L’aide-soignante qui est partie à sa rencontre lui a demandé de regagner sa chambre immédiatement ou de porter un masque sans essayer de comprendre pourquoi la patiente voulait prendre sa douche de si bonne heure. La patiente ne comprenait pas cette restriction et apparentait cette attitude à du racisme. Elle a également exprimé sa frustration quant au fait qu’elle ne pouvait pas jeûner lors du Ramadan, période très importante pour les musulmans pratiquants. Le ton est vite monté entre les deux femmes. La patiente voulait juste pratiquer des ablutions (en particulier le lavage des pieds) avant de faire sa prière du matin et l’aide-soignante était soucieuse de la santé des autres patients du service. Après s’être toutes les deux expliquées, l’aide-soignante a proposé une bassine d’eau propre à la patiente qui a accepté.

Une patiente de confession musulmane arrive à l’hôpital pour une angine. L’infirmière lui prescrit de la nitroglycérine pour traiter ses crises de toux. La patiente se plaint d’avoir reçu le “mauvais œil”, c’est-à-dire un regard maléfique que vous jette une personne jalouse et qui condamne à la malchance. Elle dit avoir son propre remède. L’objectif de l’infirmière est d’analyser le remède de la patiente et de l’inclure dans le plan de soins sans qu’il n’interfère avec le traitement prescrit, afin de combler les besoins de la patiente et de respecter ses choix.

Cleveland Clinic - Diversity Toolkit
Exemple inspiré du document “Reflets: la pratique en contexte interculturel” de Carlo Serlin et François Dutheuil.
La directive professionnelle “la prestation de soins adaptés à la culture” de l’ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario.

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